António Guterres a dénoncé dimanche les engagements « totalement insuffisants » de la communauté internationale pour réduire les gaz à effet de serre.
« L’espèce humaine est en guerre contre la planète et la planète rend coup pour coup », a affirmé le secrétaire général des Nations unies, António Guterres. Ce dernier a enjoint à l’humanité de mettre fin à cette « guerre contre la nature », dimanche 1er décembre, à la veille de l’ouverture de la conférence de Madrid sur les changements climatiques (COP25) organisée par l’Organisation des Nations unies (ONU). Il a dénoncé les engagements « totalement insuffisants » de la communauté internationale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).
Anticipant sur un rapport de l’Organisation météorologique mondiale qui doit être publié cette semaine, il a d’abord confirmé que, sans surprise, 2019 allait se hisser dans le top 5 des années les plus chaudes. Avant de faire une liste effrayante des autres effets dévastateurs de plus en plus « meurtriers » du réchauffement : hausse du niveau des océans, fonte des calottes polaires, sécheresses, etc.
« En résumé, le changement climatique n’est plus un problème à long terme, nous sommes confrontés maintenant à une crise climatique. Le point de non-retour n’est plus loin à l’horizon, il est en vue et se rapproche de nous à toute vitesse », a souligné le secrétaire général. Il a malgré tout assuré garder « espoir », notamment grâce à la mobilisation des jeunes, des citoyens en général et des villes ou des entreprises.
Mais « ce qui manque toujours, c’est la volonté politique : la volonté politique de donner un prix au carbone, la volonté politique d’arrêter les subventions aux énergies fossiles, la volonté politique d’arrêter de construire des centrales à charbon dès 2020, la volonté politique de passer d’une taxation des revenus à une taxation du carbone », a insisté M. Guterres.
Il s’est adressé en particulier aux grandes économies : « Les plus gros émetteurs mondiaux [de CO2] ne font pas leur part, et, sans eux, notre objectif n’est pas atteignable. » Les signataires de l’accord de Paris de 2015, réunis à Madrid du 2 au 13 décembre, sont pressés de toute part d’accélérer les mesures pour réduire plus rapidement les émissions de gaz à effet de serre et espérer encore un peu limiter le réchauffement à + 2 °C, voire + 1,5 °C, par rapport à l’ère préindustrielle.