Le célèbre réseau social Twitter est accusé par quatre associations de lutte contre les discriminations de ne pas agir suffisamment contre la publication de contenus haineux.
Quatre associations de lutte contre les discriminations ont assigné Twitter, lundi 11 mai, devant le tribunal judiciaire de Paris, jugeant que le réseau social manquait de manière « ancienne et persistante » à ses obligations en matière de modération des contenus.
Selon une étude menée par leurs soins du 17 mars au 5 mai, « le nombre de contenus racistes a augmenté de 40,5% (sur la période), celui des contenus antisémites de 20 % et celui des contenus LGBTphobes de 48% ».
Les associations expliquent de plus avoir signalé au réseau social 1.110 tweets haineux, principalement des insultes homophobes, racistes ou antisémites sans équivoque, et constaté que seuls 12 % d’entre eux avaient été supprimés dans « une période raisonnable allant de 3 à 5 jours ».
Elles souhaitent ainsi « dissiper l’épais mystère entourant la composition et la gestion des services de régulation de Twitter » et mesurer « l’ampleur de la désinvolture ancienne et persistante » sur la modération des contenus.
Régulièrement accusées d’héberger ou de contribuer à la diffusion de contenus haineux ou violents, les grandes plateformes de contenus ont été incitées à mettre en place des algorithmes de filtrage, des procédures de signalement et des équipes de modérateurs.
En France, l’Assemblée nationale doit adopter définitivement, mercredi 13 mai, une proposition de loi controversée de lutte contre la haine sur Internet, qui doit instaurer l’obligation pour les plateformes et moteurs de recherche de retirer sous 24 heures les contenus « manifestement » illicites, sous peine d’être condamnés à des amendes pouvant atteindre 1,25 million d’euros. Le délai est réduit à une heure pour les contenus terroristes ou pédopornographiques.